[COMMUNIQUE DE PRESSE] Proposition de loi Fin de vie : ‘’Soulager mais pas tuer’’ appelle à un rassemblement le 10 mars
05 Mar 2015

[COMMUNIQUE DE PRESSE] Proposition de loi Fin de vie : ‘’Soulager mais pas tuer’’ appelle à un rassemblement le 10 mars

Lors d’une conférence de presse ce jour, le mouvement « Soulager mais pas tuer » a analysé les dangers et les ambiguïtés de la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, et formulé des propositions pour améliorer ce texte qui sera examiné à l’Assemblée nationale à partir du 10 mars prochain.

Plusieurs soignants, ainsi que des personnes concernées par la lourde dépendance et la maladie, ont notamment insisté sur les points suivants :

  • Le prétendu « droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès » entretient une confusion. Il laisse entendre qu’on pourrait remplacer par des sédatifs le travail toujours complexe de l’accompagnement vers la fin de vie. Il suggère également qu’on pourrait l’utiliser comme alternative à l’euthanasie. La sédation – pratique exceptionnelle – ne règle en rien les angoisses ou les souffrances des personnes accompagnées. La sédation jusqu’au décès risque de devenir un moyen expéditif pour étouffer à bon compte les plaintes au lieu d’aider les personnes qui ont besoin d’écoute, de relations et d’accompagnement.

 

  • Les notions de « prolongation inutile » ou de « maintien artificiel » de la vie ne relèvent aucunement du vocabulaire scientifique et sont, elles aussi, sujettes à multiples interprétations. A partir du moment où la loi entend affirmer que l’alimentation et l’hydratation artificielles sont des traitements, leur arrêt peut devenir un moyen de provoquer la mort. L’abandon par le texte de loi du principe de l’acte à double effet ouvre également la porte à l’euthanasie.

 

  • La notion de « directives anticipées contraignantes » laisse croire que les patients pourraient devenir prescripteurs, et les médecins simples exécuteurs de ces prescriptions. D’un côté, on fera peser sur les premiers une responsabilité qui dépasse leurs compétences. De l’autre, on aboutira à nier la responsabilité propre à la mission médicale, au risque de protocoliser et de judiciariser davantage la relation soignants-soignés.

 

Les Français ont essentiellement besoin d’un accès effectif aux soins palliatifs, objectif qui est absent de la politique gouvernementale depuis plusieurs années.

Mais, au-delà des seuls soins palliatifs, beaucoup de ceux qui ont une grande expérience de la mort – praticiens des services d’urgence, de réanimation, de gériatrie, et aussi professionnels des maisons de retraite – ne se retrouvent pas dans les préconisations de cette loi, dont ils mesurent à quel point elle risque de déséquilibrer leur discipline.

C’est pourquoi le mouvement « Soulager mais pas tuer » demande des ajustements pour sécuriser patients et médecins contre les dérives inéluctables que le texte produirait en l’état, et en particulier :

  • L’affirmation claire du refus de provoquer intentionnellement la mort ;
  • La priorité toujours donnée à la relation soignant – soigné, et ultimement, à la compétence médicale pour prendre soin de la santé des patients, sans lever l’interdit de tuer qui fonde la déontologie médicale.

>> ‘’Soulager mais pas tuer’’ appelle à un rassemblement le 10 mars à 13h à proximité de l’Assemblée nationale sur l’esplanade des Invalides (métro Invalides), à quelques heures du débat parlementaire pour demander aux parlementaires de clarifier la proposition de loi et de s’opposer à toute forme d’euthanasie.

Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie – mais des traitements antidouleur et un accompagnement adaptés à chacun.


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